Coach professionnel ou psychologue : dire ce que vous ne faites pas
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Écrire ce que vous ne faites pas n'enlève rien à votre offre. Pour un coach professionnel qui démarre, c'est souvent ce qui la rend crédible.
Un premier appel avec une personne qui pourrait devenir cliente. Elle parle de son poste, de son équipe, d’une décision à prendre. Puis, au détour d’une phrase : « De toute façon, je ne dors plus depuis des mois. »
Vous sentez que la conversation vient de changer de nature. Et vous vous posez une question que votre formation vous a appris à vous poser : est-ce encore du coaching ?
Cette question, vos futurs clients se la posent aussi, mais avant de vous appeler. Et c’est souvent votre site, votre profil ou votre première phrase qui y répond, ou qui la laisse en suspens.
Deux métiers, deux cadres
Le titre de psychologue est protégé par la loi en France : il suppose un diplôme précis. Le psychologue évalue, peut poser un diagnostic, travaille avec la souffrance psychique, l’histoire de la personne, ce qui l’empêche de vivre.
Le coach professionnel accompagne une personne en état d’agir sur une situation, le plus souvent professionnelle : une prise de poste, une décision, une transition, une relation de travail. Il travaille sur le présent et sur ce que la personne veut faire ensuite. Il ne soigne pas.
Les deux approches peuvent se croiser dans une même vie, à des moments différents. Elles ne se remplacent pas.
Pourquoi la limite rassure
Un coach professionnel qui démarre a souvent peur de restreindre son offre. Écrire « ce que je ne fais pas », c’est l’impression de perdre des clients.
C’est l’inverse. Une personne qui hésite à vous appeler se demande si elle est au bon endroit. Si votre offre dit clairement où elle s’arrête, elle peut se situer. Elle comprend que vous connaissez votre métier, et que vous ne lui promettrez pas ce que vous ne pouvez pas tenir.
Les codes de déontologie des fédérations de coaching vont dans le même sens : reconnaître les limites de sa compétence, et orienter la personne quand sa demande en sort. Ce n’est pas une contrainte à cacher. C’est une preuve de sérieux à montrer.
À retenir. Une offre qui dit où elle s’arrête inspire plus confiance qu’une offre qui prétend tout couvrir.
Écrire la ligne « ce que je ne fais pas »
Dans la présentation de votre offre, une phrase suffit. Elle doit être concrète, et sans jargon.
- Trop vague : « Le coaching n’est pas une thérapie. »
- Plus utile : « Je ne travaille pas sur l’épuisement, l’anxiété ou les difficultés personnelles anciennes. Si c’est votre situation, je vous aiderai à trouver la bonne personne. »
La deuxième version dit ce que vous ne faites pas, et ce que vous faites quand même : vous ne laissez pas la personne seule. Elle n’a pas à deviner.
Le moment délicat : orienter sans perdre la relation
Revenons à l’appel. La personne ne dort plus. Vous pouvez continuer comme si de rien n’était, ou nommer ce que vous entendez.
Nommer, c’est dire simplement : « Ce que vous décrivez dépasse ce que je fais. Je pense qu’un professionnel de santé pourrait vous aider sur ce point. Le travail sur votre poste pourra venir ensuite, si vous le souhaitez. »
Vous ne perdez pas cette personne. Vous lui montrez exactement le type de cadre que vous lui offrirez si elle revient. Et le jour où elle sera en état d’agir sur sa situation professionnelle, elle se souviendra de qui lui a parlé franchement.
L'exercice
Relisez la présentation de votre offre, sur votre site ou votre profil, et répondez à trois questions par écrit.
- Une personne en souffrance comprend-elle, en la lisant, que ce n’est pas le bon endroit pour elle ?
- Votre phrase « ce que je ne fais pas » nomme-t-elle des situations concrètes, ou seulement un mot comme « thérapie » ?
- Dit-elle ce que vous faites quand la demande sort de votre cadre ?
Si l’une des réponses est non, réécrivez la phrase. Elle tient en deux lignes.
À plusieurs, on oriente mieux
Orienter une personne suppose de savoir vers qui. Un coach professionnel qui démarre gagne à connaître quelques psychologues, et d’autres coachs professionnels dont il connaît le domaine.
C’est un réseau qui fonctionne dans les deux sens. Vous passez une demande qui sort de votre cadre, et un confrère vous adresse un jour celle qui correspond au vôtre. Le métier y gagne : chaque personne trouve le bon professionnel, et personne ne prend une demande qu’il ne sait pas accompagner.
Ce que l'IA peut faire, ce que vous gardez
Une IA peut vous aider à formuler cette phrase dans plusieurs registres, plus sobre ou plus chaleureux. Elle peut aussi relire votre page pour repérer les promesses trop larges.
Elle ne peut pas entendre, dans une conversation, le moment où la demande change de nature. Ce discernement-là, c’est votre formation et votre supervision qui le construisent. Et ne confiez jamais à un outil ce qu’une personne vous a dit de sa santé.
Commencez par la Séance Clarté
Ce n’est pas un manque de compétence. C’est un manque de clarté, d’offre et de conversations. En 90 minutes en visio, vous posez votre phrase, votre cible, votre grille de prix et vos trois premières actions de visibilité, puis vous recevez un compte rendu écrit. La suite se fait avec le Programme Lancement : en petit groupe de coachs professionnels qui avancent ensemble et s’entraident, ou en solo si vous le préférez.
Questions fréquentes
Un coach professionnel peut-il accompagner une personne en souffrance psychologique ?
Non, ce n’est pas son rôle. Le coach professionnel accompagne une personne en état d’agir sur une situation, souvent professionnelle. Quand la demande relève de la santé, il nomme ce qu’il entend et oriente vers un professionnel de santé.
Quelle est la différence entre un coach professionnel et un psychologue ?
Le psychologue évalue, peut poser un diagnostic et travaille avec la souffrance psychique et l’histoire de la personne. Le coach professionnel travaille sur le présent et sur ce que la personne veut faire ensuite : une prise de poste, une décision, une transition. Il ne soigne pas.
Le titre de psychologue est-il protégé ?
Oui. En France, le titre de psychologue est protégé par la loi et suppose un diplôme précis. Celui de coach ne l’est pas, d’où l’intérêt de dire clairement ce que vous faites et ce que vous ne faites pas.
Quelle différence entre coaching professionnel et thérapie ?
Une thérapie vise à soigner une souffrance et explore souvent l’histoire de la personne. Le coaching professionnel suppose une personne en état d’agir, et l’aide à décider et à avancer sur une situation présente.
Comment orienter une personne vers un psychologue sans la perdre ?
En le disant simplement et tôt : ce que vous entendez dépasse votre cadre, un professionnel de santé pourra l’aider, et le travail sur sa situation professionnelle pourra venir ensuite si elle le souhaite. Cette franchise construit la confiance.
Que répondre si un client me demande de l'aider sur son anxiété ?
Nommer la limite sans dramatiser, l’orienter vers un professionnel de santé, et proposer de reprendre le travail de coaching quand il sera en état d’agir sur sa situation. Si le doute persiste, parlez-en en supervision.
Peut-on suivre un coaching et une thérapie en même temps ?
Cela arrive. Chaque professionnel garde alors son propre cadre, et la personne décide de ce qu’elle partage de l’un à l’autre. Le coach professionnel ne se substitue jamais au thérapeute.
Faut-il écrire sur son site ce que l'on ne fait pas ?
Oui. Une phrase concrète, qui nomme des situations (épuisement, anxiété, difficultés personnelles anciennes) et dit ce que vous faites quand la demande sort de votre cadre, aide vos futurs clients à se situer et renforce votre crédibilité.
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Marc Julié, coach professionnel certifié RNCP, fondateur de Coach Station.

